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Suite aux nombreuses questions qui m'ont été posées lorsque je me suis mise à la teinture des rubans, j'ai décidé de réaliser cet article, synthèse et recueil des nombreux liens et articles existants sur le sujet.
Toutes les fibres naturelles, coton, soie, lin, laine, etc. peuvent se teindre, et ce en utilisant des produits chimiques du commerce ou des produits d'origine naturelle.
Quelle que soit la technique utilisée, la teinture se fait en plusieurs étapes :
1) Lavage et éventuel mordançage (action de donner du "mordant" aux fibres
pour que la couleur puisse s'y fixer).
2) Apport de la couleur,
3) Rinçage.

Un choix important car il y a de fortes différences entre les divers mode opératoires en fonction de
la technique utilisée :
- Les teintures chimiques sont généralement assez "accrocheuses" pour ne pas nécessiter
d'étape spécifique de mordançage, alors que cette étape est quasiment systématique en
teinture naturelle.
- Pour une même marque de teinture chimique, le protocole sera toujours le même, quelle que
soit la couleur. A contrario, le protocole de teinture variera en fonction des matériaux et
ingrédients lors d'une teinture naturelle.
Sans oublier d'autres différences plus subjectives mais tout aussi importantes dans le choix de sa technique
de prédilection :
- La "suprise" quant au résultat final est importante lorsque l'on pratique la teinture naturelle. Un
même protocole donnera un résultat très différent d'une fois sur l'autre lors même que l'on pensait
n'avoir rien changé. Avec une même teinture naturelle, il est par exemple possible d'obtenir des teintes
allant du orange au mauve le plus sombre en fonction des dosages, des techniques de mordançage,
ou de la fibre utilisée. Inversement, les compositions des teintures chimiques étant beaucoup plus
maîtrisées, les surprises sont possibles mais ne portent généralement que sur des nuances.
- Les teintures chimiques, bien que demandant certaines précautions, peuvent se pratiquer sur un coin
de table et avec un simple four à micro-onde, alors que les techniques naturelles demandent généralement
un travail plus organisé, car nécessitent par exemples de réaliser des infusions et plusieurs bains successifs.
- La tenue au lavage des teintures chimiques est généralement garantie jusqu'à 40°C si le mode d'emploi
a été respecté alors que la tenue des teintures naturelles ne sera pas systématique et peut révéler de
mauvaises suprises si le mordançage n'a pas été parfaitement réalisé...
- Toutes les couleurs peuvent être obtenues en teinture chimique alors que, si cela est vrai également en
teinture naturelle, cela demande toutefois de se procurer certains ingrédients qui sont loin de pousser
dans notre jardin...
Par contre, certains arguments en faveur de l'une ou l'autre technique sont très relatifs :
- Bien que d'origine naturelle, les produits utilisés en teinture naturelle sont extrêmement puissants
et dangereux pour l'environnement à ces concentrations. Des précautions doivent donc être prises
lors de leur utilisation et, surtout, lors de l'élimination des résidus. En teinture chimique, bien que les produits
utilisés soient tout aussi dangereux, voire plus, les résidus sont généralement bien moins volumineux et s'éliminent
plus facilement.
- Si des produits disponibles dans toutes les cuisines dont utilisables en teinture naturelle, il sera indispensable
d'investir dans quelques produits pour élargir ses possibilités de couleurs. La teinture chimique nécessite un
investissement immédiat mais, là encore, les quantités utilisées sont généralement très faibles et rendent
l'investissement très vite négligeable.
Conclusion, à vous de choisir, en faisant le tri entre votre envie d'obtenir une couleur précise et celle de jouer les alchimistes...

Quelle soit brute ou préparée et apprêtée, la fibre doit être nettoyée et l'opération de teinture commence systématiquement par un lavage, qui variera en fonction de la matière :
La laine : versez de l'eau bouillante dans un saladier, et ajoutez un peu de liquide vaisselle, puis faites-y tremper la laine sans la remuer et laissez tremper 15 minutes. Rincez soigneusement dans de l'eau à la même température que celle du saladier, c'est ce qui évite le feutrage.
La soie et le lin : procédez de même, mais avec de l'eau simplement chaude (et non bouillante) et en laissant tremper 30 minutes.
Le coton : Dans un casserole, versez 2 cuillers à café de cristaux de soude, un peu de liquide vaisselle, et ajoutez le tissu ou les fils de coton. Faites chauffer et laissez frémir environ 1 heure. Rincez soigneusement à l'eau chaude.
A l'issue de l'opération de teinture, les fils et toiles seront à nouveau lavés, à l'aude froide ou tiède, jusqu'à ce que l'eau soit claire, puis à nouveau lavés avec un adoucissant avant d'être séchés et, dans le cas des toiles, repassés.
Si l'on craint que la teinture ne soit mal fixée, ces premiers rinçages se feront avec de l'eau additionnée de 30% de vinaigre blanc ou de vinaigre de cidre, qui a la particularité d'améliorer la fixation. Notez toutefois que, dans le cas des teintures naturelles, cet ajout de vinaigre peut modifier les couleurs obtenues.

Ces teintures se trouvent généralement dans les rayons droguerie de votre supermarché préféré (marques Dylon, Idéal, etc.) ou dans les magasins de loisirs créatifs (marques Pébéo, Marabu, etc.).
Certaines marques proposent des produits spécifiquement destinés à telle ou telle matière, coton ou soie par exemple, mais la majorité disposent malgré tout d'une gamme plus générale, destinée à toutes les fibres d'origine naturelle.
La règle d'or est de respecter le mode d'emploi fourni avec la teinture. Les 2 protocoles les plus classiques sont :
- application de la teinture sur la toile ou les fils puis cuisson après séchage,
- ou trempage de la toile ou des fils dans la teinture diluée et mise en chauffe.
Dans certains cas, il peut demander l'ajout de sel au mélange.
Gencat a malheureusement supprimé son excellent tutoriel, mais vous en trouverez un très bon pour l'utilisation des teintures de marque "Idéal" sur le blog de Valbrode (article du 15 mars 2007, rubrique "pas à pas") et plusieurs films sur l'utilisation des teintures "Dylon" sur Quilting studio. Sur Touche à tout, vous saurez tout sur l'utilisation des peintures Pébéo, et sur l'Atelier d'Emma vous apprendrez à utiliser les teintures Procion.

Comme il a été dit plus haut, contrairement aux teintures chimiques et industrielles qui n'en ont pas besoin (ou qui, plus exactement, l'on intégré dans leur composition), les teintures naturelles demandent généralement un mordançage préalable, seule garantie de la tenue de la teinture au lavage et à la lumière. Ce mordançage varie en fonction de la nature de la fibre, et des teintes recherchées. Les recettes les plus classiques sont à base d'alun et de tartre ou de fer, mais il en existe d'autres, par exemple à base d'étain ou de cuivre.
Vient ensuite l'apport de couleur. Deux techniques :
- Par fermentation : on laisse fermenter des plantes dans des récipients contenant de l'eau, on ajoute les fibres à
teindre et on maintient le tout à une température constante jusqu'à obtention de la couleur voulue. Facile, mais long, et
"odorant"...
- A chaud, avec de nombreuses nuances suivant les cas : dans une certaine quantité d'eau, on fait chauffer des
plantes (dites tinctoriales) choisies en fonction de la couleur souhaitée. Après filtrage, les fibres sont plongées dans cette décoction
et prennent rapidement la couleur. Ce procédé est plus rapide et plus répandu que le précédent.
Pour mémoire, la laine peut bouillir si elle ne subit pas de variation brutale de température, sinon elle feutre sous le choc thermique.
Quelques exemples de recettes :
- La teinture au thé, chez Marie des soies,
- La teinture aux mures sur le blog Plantes tinctoriales,
- Plusieurs recettes sur le blog Plantes-couleurs,
- La teinture au vin chez Histoires de lin,
- La teinture à la rouille chez Isa tinctoria.
Vous trouverez également bien d'autres informations sur les sites suivants :
- Une liste des principales plantes tinctoriales, sur Les fils du temps ou sur Wikipédia,
- De très nombreuses informations sur le blog Plantes-couleurs.
Quant à vous procurez de la lecture sur le sujet et vous fournir les ingrédients nécessaires (outre votre jardin)
je vous conseille :
- La boutique de l'association couleur Garance,
- Les rubriques "couleurs de plantes" et "tinctorial" du comptoir de l'association Okhra,
ainsi que sa librairie très fournie,
- Sans oublier les stages, organisés par exemple par Marie des soies ou par
l'association Okhra.
